injustice

« La prière est, en somme, la seule révolte qui se tienne debout », disait Bernanos.

J’entends les cris d’orfraie des militants de la Lutte et du Grand Soir, ne décelant dans cette assertion que passivité, attentisme, renoncement. C’est en premier lieu mal connaître l’œuvre et la vie de Bernanos, tout d’engagement. C’est – outre la puissance de la prière – ignorer encore que la révolte livrée à elle-même fait litière toujours de ses plus belles aspirations d’origine. C’est ce risque d’avilissement de l’idée même de fraternité, quand coupée de sa source la soif de justice vampirise le bien, porte au ressentiment, l’aversion et, tôt ou tard, la haine, que Bernanos met en lumière : « Surtout ne va pas croire que tu ferais reculer l’injustice en la fixant dans les yeux comme un dompteur ! Tu n’échapperais pas à la fascination, à son vertige. Ne la regarde que juste ce qu’il faut, et ne la regarde jamais sans prier. »

Cela fait à l’extrême toute la différence entre un Lénine et un Mandela.

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