enseigne

Que les politiques mettent une enseigne à leur boutique est de bonne guerre, qu’un citoyen se pense homme de gauche ou de droite est pittoresque. La palme en la matière revient à l’homme de gôche la bouche en truc de poule et manières à peine voilées de s’autoproclamer un homme de cœur, un homme de bien ; on est l’un ou l’autre comme on est poète ou génie, il n’y a que les autres pour le dire.

Outre que les affaires humaines s’avèrent trop complexes pour les appréhender d’une manière binaire, ces référentiels identitaires, droite et gauche, sont étriqués un peu trop pour s’y sentir à l’aise longtemps. Simone Weil disait que la justice est une fugitive du camp des vainqueurs. Y demeure l’esprit partisan – à l’esprit de liberté ce que le merlan frit est au saumon des rivières -, esprit habité par une peur panique d’être déjugé ou mal jugé par son camp à qui il se croit tenu de donner en permanence des gages fébriles d’appartenance, preuve qu’il tient moins à sa libre réflexion qu’à sa petite réputation. Au final, son appréciation des choses et des êtres s’en remet à l’étiquette, assurance parfaite de déguster tôt ou tard la piquette.

La droite et la gauche ont deux siècles d’âge, à l’enseigne du Christ un air suranné.

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