hypothèse

On ne peut guère en vouloir aux athées de ne rien comprendre à la foi tant il est difficile de parler de ce que l’on ne connaît pas. Leur rejet s’opère généralement à travers le prisme d’un anticléricalisme dont on peut saisir les motivations au point parfois de les partager. S’ajoute par tradition familiale ou sociologique une pratique religieuse affadie dont l’observation possible n’érige pas plus un modèle qu’elle ne suscite l’envie. « Pour qu’on croie à leur Sauveur il faudrait qu’ils aient des têtes de sauvés », disait tonton Nietzsche. Mais enfin, Dieu seul sonde les cœurs et les reins, et c’est heureux pour les athées eux-mêmes qui ne restent ainsi pas à l’abri d’un infini étonnement.

Si on comprend donc leur doute, on peine quand même parfois à comprendre leur amalgame, par exemple sur le mot doute lui-même. Il peut arriver – il peut assurément arriver – qu’un doute sur l’existence de Dieu fonde comme neige au soleil, soleil devenant en l’occasion une entité assez terne. Mais ce doute-là ôté, tous les autres surgissent à la puissance mille par contraste entre un absolu et notre néant. Et l’on comprend soudain mieux Malebranche : « Dieu seul existe, le reste n’est qu’hypothèse. »

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