souci

Mon Dieu, qu’attends-tu de moi ? Telle est, plus qu’une prière, la supplication de l’homme de foi face aux aléas, aux obstacles, aux peines apparemment perdues.

En ces incontournables moments de questionnements, il n’est assurément de bonne attitude que celle d’Edith Stein : « Je ne me fais pas de souci, Dieu sait très bien ce qu’il doit faire de moi. »

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agenda

« L’homme c’est de la matière qui prend conscience d’elle-même », nous dit ce bon Hubert Reeves qui n’est pas à une contradiction près. On fera inutilement remarquer au scientifique que la probabilité d’obtenir une protéine fonctionnelle est de un sur dix puissance cent soixante-quatre quand il ne s’est écoulé – comparaison tout aussi inutile – que dix puissance seize secondes depuis le Big Bang.

Dieu n’est pas une aiguille dans une botte de foin, plutôt fétu de paille – d’étable -, vingt-cinquième heure de nos agendas. Si au lieu de déplorer son silence notre priorité était silencieuse de lui coller aux basques, on finirait larme. De joie.

connaissance

« Se connaître soi-même est la démangeaison des imbéciles », disait Bernanos.

Ce que suggère cette proposition, qui fera bondir nos psys en tous genres, est la condition même de notre humanité. Le propre de l’homme est d’être irréductible à ce qu’il peut savoir de lui-même, c’est-à-dire d’être indéfinissable. Tout humanisme est mort-né et grande ouverte la voie au totalitarisme dès que l’on s’arroge le droit de définir l’homme, parce que définir c’est poser des limites et tôt ou tard proscrire et envoyer dans quelques confins en forme de camps ceux qui ne correspondent pas à la définition.

Sur un plan plus théologique, on observera que Dieu crée l’homme à son image en tant précisément qu’Il est celui qui est, c’est-à-dire hors de toute accessible définition.

crise

L’Eglise est en crise, répète à l’envi ses détracteurs.

En crise, elle l’est depuis l’origine, deux milles ans. Douze hommes improbables autour du Christ et à leur tête, Pierre angulaire, un renégat avant même que le coq n’ait chanté trois fois. L’Eglise Est crise. Inadaptée, inadaptable, toute à l’inverse de l’injonction du Monde rêvant de la faire entrer dans le rang.

Elle, libre de Dieu, dans le rang !

volonté

Qu’est-ce qu’être chrétien ?

On peut tourner la question dans tous les sens, elle nous ramène toujours au mont des Oliviers : « Non pas ce que je veux, Père, mais ce que toi tu veux. »

Notre individualisme sous toutes ses formes n’a de but que l’affirmation de notre volonté. En ne voulant que celle du Père – en n’ayant seulement que la volonté de vouloir -, nous sommes chrétien, parce qu’à l’image la plus nette du Christ.

zèle

« Il me semble que dans la mesure où le romancier dépasserait les apparences et saurait atteindre profondément l’homme intérieur, bien loin d’éviter de peindre la nature déchue, il toucherait là une région peu connue de notre misère. Ce serait l’histoire des passions qui se masquent pour que l’homme, épris de sa propre perfection, ne les reconnaisse pas. La seule luxure, incapable de déguisement, serait par lui dominée et vaincue. Mais des autres péchés capitaux, et surtout de l’orgueil, il ne reconnaîtrait jamais le visage, parce qu’ils auraient su revêtir un aspect édifiant, et rivaliseraient d’ardeur et de zèle jusqu’à ce que leur victime se considère comme un Dieu. Peut-être, le véritable saint est-il un homme qui ne s’arrête pas de démasquer en lui et d’authentifier à chaque instant toutes ces passions à la face voilée. D’où cette humilité qui nous étonne, ces abîmes d’humilité chez des êtres déjà dans le ciel. Mais eux, ils voient ce que nous ne voyons pas, ils savent que durant toute leur vie ils n’ont cessé d’arracher leur couteau et leur masque aux vices qui se déguisent en vertus. » François MAURIAC

Le zèle du Progrès au nom toujours d’un soi-disant Bien mais zèle aveuglé aux Lumières d’un Homme ex nihilo Dieu de lui-même.