destination

« Aime et fais ce que tu voudras », disait Saint-Augustin. Toute la Loi est là, étant d’abord entendu qu’aimer consiste également et peut-être avant tout à ne pas faire ce que l’on veut et parfois encore à faire ce que l’on ne veut pas.

Les contempteurs des dogmes ecclésiaux, soi-disant carcéraux – quand ils ne sont, disait André Frossard, que « des fenêtres ouvertes sur l’infini » -, s’avèrent d’implacables chantres du moralement correct. Rien d’étonnant. Leur évangile sans Dieu se réduit de facto à un corpus de valeurs morales, ce que le christianisme n’est in fine qu’accessoirement tant son message bien compris se résume en ceci : nous venons de l’amour et nous sommes faits pour y retourner.

progrès

« Dieu se rit des gens qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes », disait Bossuet.

Les penseurs libertaires en croisade contre leurs homologues libéraux prêtent ainsi à sourire. Le libéralisme culturel et sociétal, nommé Progrès, consiste en une privatisation des valeurs morales et esthétiques. Conséquemment, l’individu-roi dans une société sans socle véritable de valeurs communes devient vite le profil idéal – cerveau isolé parfaitement disponible – pour le libéralisme marchand. Alain Badiou l’exprime ainsi : « Une subjectivité solitaire pour qui son opinion la plus spontanée mérite d’être inscrite à la face du monde, en équivalence à toutes les autres. Mais ça, qu’est-ce que c’est ? C’est le sujet rêvé pour le capitalisme. Celui-ci ne veut surtout pas de sujet pour qui il existe des valeurs non substituables. Il n’en a rien à faire, car ça ne correspond en rien à la circulation qu’il organise. »

Le libéralisme culturel s’avère ainsi l’ami le plus précieux du capitalisme en creusant le lit mieux que quiconque de son flot de marchandises (on pourra se reporter à ce titre aux ouvrages éclairants de Jean-Claude Michéa).

absurde

Libre, l’être humain, jusqu’à dorénavant, selon la théorie du genre, pouvoir construire sa propre identité sexuelle. Étrange logique sous-jacente. Après – croit-on – avoir réglé son compte au Père éternel, on s’attaque à Mère nature. Ni Père ni Mère, ainsi une humanité ex nihilo qui ne doit rien qu’à elle-même, humanité devenant son propre principe dans une pleine liberté première. Cette liberté s’avère dès lors un absolu fondé – abyssal paradoxe – sur un intégral relativisme : logique de l’absurde.

intact

« J’ai toujours été intact de Dieu », écrivait Jacques Prévert.

Je voudrais qu’il me soit donné de faire voir – oh ! je ne dis le blasphème pas plus que la sottise – mais, précisément, le manque de tact d’une telle assertion.

« Que ceux qui ont des yeux voient. »

cœur intelligent

Jean-Luc Mélenchon est sans doute un homme de cœur en plus d’un homme intelligent mais l’amalgame souvent n’opère pas, l’harmonie reste dissonante.

S’éclaire, à contre-jour, la prière à Dieu de Salomon, « donne-moi un cœur intelligent », comme si l’alliance des deux n’avait rien d’automatique, la cohérence de leur interaction nécessitant un catalyseur : la grâce hors de laquelle tout regard demeure obscurci.

avant-propos

Je ne suis pas, loin s’en faut, tombé dedans tout petit, genre Obélix de la foi.

De formation scientifique, c’est assez peu paradoxalement de la science que sont nés mes premiers questionnements. La matière est un puits de mystère et un prodige d’agencement. Mais si la science peut répondre au comment, elle ne sait dire pourquoi.

In fine, j’ai juste considéré que s’il y avait Quelqu’un derrière l’incroyable beauté du monde, cette beauté devait sans doute refléter la sienne, et qu’un artiste qui ressemble à son œuvre sait se rendre présent à qui – au besoin avec un peu d’insistance – vient le solliciter.

Ainsi, depuis un certain jour, qui est un jour certain, Il fait Dieu.

Je n’ai à travers ces « brèves » nullement l’intention de convaincre, cela ne m’est pas donné. Seul Dieu donne Dieu.

Mais je sais de toutes mes fibres qu’il est offert à chacun, intimement, librement, de vivre ce dont j’essaye – avec tant d’autres – de témoigner, et qui se résume en ceci : nous venons de l’amour et sommes faits pour y retourner.

Cela ne peut se garder pour soi.