digne

Je n’ai jamais été un grand adepte de Charlie Hebdo mais soutiens sans réserve la liberté de sa ligne éditoriale.

Cela dit, ce que la loi autorise ne constitue pas à coup sûr le garant de ce qu’il est bon, utile ou pertinent de faire. La loi permet en général certains comportements, l’individu peut en conscience juger opportun de se tenir en deçà de cette loi. Ce scrupule, cette retenue, voire ce renoncement, la loi implicitement ne les interdit pas plus qu’elle ne les recommande. C’est donc l’affaire de chacun.

Sur quels critères chacun peut-il décider d’en rabattre sur ce que la loi autorise ou même, le cas échéant, de transgresser cette loi ?

Je n’ai in fine de réponse qu’une question : est-ce digne ?

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connaissance

« Se connaître soi-même est la démangeaison des imbéciles », disait Bernanos.

Ce que suggère cette proposition, qui fera bondir nos psys en tous genres, est la condition même de notre humanité. Le propre de l’homme est d’être irréductible à ce qu’il peut savoir de lui-même, c’est-à-dire d’être indéfinissable. Tout humanisme est mort-né et grande ouverte la voie au totalitarisme dès que l’on s’arroge le droit de définir l’homme, parce que définir c’est poser des limites et tôt ou tard proscrire et envoyer dans quelques confins en forme de camps ceux qui ne correspondent pas à la définition.

Sur un plan plus théologique, on observera que Dieu crée l’homme à son image en tant précisément qu’Il est celui qui est, c’est-à-dire hors de toute accessible définition.

promesse

« Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. »

Au-delà de ma pauvre expérience et son nombre de prières tombées à l’eau d’avoir si peu décollé, je tiens ces mots du Christ pour assurés.

« Tout ce que vous demanderez en priant » n’est pas « Tout ce que vous me prierez d’obtenir », autrement dit notre prière doit s’affiner, s’épurer, se tendre jusqu’à rejoindre celle du Christ lui-même au jardin des oliviers : « Non pas ce que je veux, Père, mais ce que toi tu veux. »

En second lieu, « croyez que vous l’avez reçu » est encore une manière qu’a la charité divine de nous rendre coauteur de l’accomplissement de notre prière. Dieu ne nous fait pas de haut en bas l’aumône ; la gloire de Dieu, c’est l’homme debout. Il faut croire d’abord !

Si nous parvenons à demander à Dieu ce qu’il veut nous donner tout comme un nourrisson réclame le sein de sa mère, nous verrons d’abondance s’accomplir une prière qui par avance est une promesse : « Je vous ferai monter vers une terre qui ruisselle de lait et de miel. »

dignité

Tous les hommes sont soumis à un certain nombre de déterminismes, innés et acquis, notre liberté est donc toute relative et sur une échelle de gradation que nous sommes incapables de définir. Au mieux croit-on pouvoir déceler le « zéro liberté » lorsqu’un criminel est déclaré irresponsable de ses actes et envoyé préférentiellement en hôpital psychiatrique.
A ce stade, on observera que ce n’est fondamentalement pas la liberté qui définit notre humanité puisque « l’aliéné » est envoyé en soin ; il n’est aucunement, ni par principe ni par acte, exclu de son appartenance à l’espèce humaine. Il y a en l’homme plus grand que lui-même, sa dignité dépasse sa liberté.

Conséquemment, le pire usage de notre liberté ne peut être invoqué comme principe d’exclusion de notre humanité ; il ne peut un temps donné que justifier par précaution une mise à l’écart de la société.
Conséquemment encore, si la dignité de l’homme est plus grande que sa liberté alors cette dignité s’avère un mystère qu’il ne nous appartient librement pas de trancher.