connaissance

« Se connaître soi-même est la démangeaison des imbéciles », disait Bernanos.

Ce que suggère cette proposition, qui fera bondir nos psys en tous genres, est la condition même de notre humanité. Le propre de l’homme est d’être irréductible à ce qu’il peut savoir de lui-même, c’est-à-dire d’être indéfinissable. Tout humanisme est mort-né et grande ouverte la voie au totalitarisme dès que l’on s’arroge le droit de définir l’homme, parce que définir c’est poser des limites et tôt ou tard proscrire et envoyer dans quelques confins en forme de camps ceux qui ne correspondent pas à la définition.

Sur un plan plus théologique, on observera que Dieu crée l’homme à son image en tant précisément qu’Il est celui qui est, c’est-à-dire hors de toute accessible définition.

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aile

« La danse est une cage où l’on apprend l’oiseau », a écrit somptueusement Claude Nougaro.

Malheureusement, l’esprit du temps nous a plutôt enjoint, dans une sorte de bienveillance niaise, d’ouvrir, ouvrir la cage aux oiseaux, après que Bourdieu et consorts nous ont expliqué que toute autorité, toute norme y compris celles de l’éducation, scolaire incluse, est quasi une violence faite.

Sur ce terreau en expansion de bobos s’est développée une victimologie assez commode en son excès, le stigmate ouvrant à des droits. Le souci des victimes est un acquis on ne peut plus précieux tant par ailleurs aucun vol n’est jamais assuré, mais raison supplémentaire pour aider à forger des ailes.

Un enfant recherche des barrières d’adultes comme autant de filets de protection, n’ignorant pas inconsciemment la nécessité de cette cage réellement bienveillante et édifiante sans laquelle son vol le moment venu pourrait n’être que vrilles.

La liberté n’est pas le bougisme du canard sans tête. « Là où tout est permis, rien n’est intéressant », disait Chesterton.

absolu

Les rédacteurs de la Déclaration de 1789 des droits de l’homme et du citoyen stipulent dans le préambule que ces droits sont naturels, inaliénables et sacrés.

Ainsi qualifiés, ces droits de facto constituent un absolu, ne peuvent être par principe soumis au moindre relativisme – même si ce n’est malheureusement pas en pratique toujours le cas -, posent donc une vérité. Plutôt que de vérité, l’esprit du temps parlera de valeur, mais cette substitution terminologique ne change rien, une valeur n’étant naturelle, inaliénable et sacrée que précisément parce qu’elle correspond à une vérité profonde de l’homme, de la nature humaine. De la nature humaine : en d’autres termes, tout n’est pas culturel, n’émane pas de l’homme ex nihilo. Un principe d’attraction vers la vérité est à l’oeuvre en l’homme qui ne procède pas de l’homme. On remarquera qu’il peut pleinement s’en affranchir, moyennant quoi ce principe de vérité première se révèle également un principe d’absolue liberté.

Toutes choses que Thomas d’Aquin exprime en ce divin point d’orgue : « La liberté est le pouvoir accordé à l’homme de n’être déterminé que pour Dieu.»