bûche

Prier est fendre des bûches pour en donner libre usage à Dieu.

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souci

Mon Dieu, qu’attends-tu de moi ? Telle est, plus qu’une prière, la supplication de l’homme de foi face aux aléas, aux obstacles, aux peines apparemment perdues.

En ces incontournables moments de questionnements, il n’est assurément de bonne attitude que celle d’Edith Stein : « Je ne me fais pas de souci, Dieu sait très bien ce qu’il doit faire de moi. »

pareil

Un dimanche dernier peu avant onze heures je croise dans la rue un gars que je connais un peu, sans plus, avec qui j’échange occasionnellement entre zinc et café.

– Tu vas où par là ?

– A la messe.

– Ah, tu es religieux, me dit-il, waouh ça me fait plaisir !

Il est musulman, je suis chrétien, ça lui fait plaisir et ça me fait plaisir que ça lui fasse plaisir.

– Chrétien, musulman, c’est pareil, me dit-il pour finir.

J’ai vu ce qu’il entendait par « c’est pareil » : quand nous prions, lui ou moi, c’est sur nous le même regard de tendresse que nous éprouvons. A cette douceur-là, c’est pareil.

bienveillance

« Je prie simplement les lectrices et les lecteurs de me faire le crédit de la bienveillance sans lequel il n’y a pas de compréhension possible. »

Ces mots me touchent de Joseph Ratzinger en avant-propos de l’un de ses livres. En notre monde hexagonal irrité, écorché, irascible sur les questions de foi, parler de Dieu aussitôt expose à des soupçons de sectarisme, de dogmatisme, de prosélytisme. Devant ce raidissement, qui est absence même d’un a priori bienveillant, le premier écueil est souvent moins d’éclairer une compréhension que de lever une suspicion.

Mon Dieu, nous n’avons à cœur que partager l’insondable espérance que vous avez déposée en nous, et c’est tout juste s’il ne faut pas s’en excuser.

terrasse

En terrasse chez un copain pizzaïolo, client seul de dix-neuf heures, entre grivoiserie et bavardage, de l’âne à la poule.

La discussion soudain plus grave…

– Tu crois… ?

– Avec ce qui m’est arrivé, tu rigoles ou quoi.

Et s’en va.

Comment ne pas comprendre, mon Dieu.

On voulait convoquer l’espérance.

Rien.

Une soif de prier.

contrée

« La bonté contrée énorme où tout se tait », vers azur de Guillaume Apollinaire.

Cette contrée n’est ici-bas ni renoncement, démission ou lâcheté mais scrupule et mesure, indulgence, geste et silence au pays d’espérance.