pareil

Un dimanche dernier peu avant onze heures je croise dans la rue un gars que je connais un peu, sans plus, avec qui j’échange occasionnellement entre zinc et café.

– Tu vas où par là ?

– A la messe.

– Ah, tu es religieux, me dit-il, waouh ça me fait plaisir !

Il est musulman, je suis chrétien, ça lui fait plaisir et ça me fait plaisir que ça lui fasse plaisir.

– Chrétien, musulman, c’est pareil, me dit-il pour finir.

J’ai vu ce qu’il entendait par « c’est pareil » : quand nous prions, lui ou moi, c’est sur nous le même regard de tendresse que nous éprouvons. A cette douceur-là, c’est pareil.

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frère

La fraternité ne se limite à la fratrie ni la confrérie et déborde le cadre de la solidarité qui n’en constitue qu’une sorte de traduction juridique, jusqu’à sa prise en charge par l’Etat, en sorte que la fraternité ne relève pas plus de l’ordre de la loi que du comptable.

Etre frères, c’est être « fils de ». D’origine spécifiquement chrétienne – on ne trouve trace de son acception dans les cultures et spiritualités antérieures à l’Évangile -, la fraternité descend de Jérusalem à Jéricho avec la parabole du Bon Samaritain et la filiation qu’elle introduit a dans le Notre Père en ce mot du Christ un ineffable point d’orgue : Abba – Papa.