lampe

L’Art de croire, d’André Frossard, Credo commenté en poésie d’amoureux et pure théologie, un ouvrage que l’athée dans sa tour d’ivoire qu’un rai de lumière forcément traverse, l’agnostique attentiste à l’exception de mille moins une priorités, le croyant parcimonieux de son trésor qui se dilapide de n’être disséminé, qu’en ses nuits tout homme en somme a pour livre, lampe, de chevet.

L'art de croire

… Et la vie du monde à venir

« Or s’il y a lieu de rendre à César ce qui porte son effigie et son nom, souvenons-nous que nous sommes nous-mêmes à l’image et à la ressemblance de Dieu !

Images et non simples reflets, notre original est donc ailleurs et nous portons en ce monde un nom qui ne suffit pas à nous nommer.

Qui veut sauver sa vie la perdra, et qui la perdra la trouvera en Dieu, car c’est en Lui et en Lui seulement que l’être indécis que nous sommes trouvera sa véritable identité.

Ce jour-là nous serons ce qu’Il est, et par un effet de sa charité et de son humilité inouïes, Il se fera ce que nous sommes : cet échange incessant d’identité entre sa personne qui est tout, et la nôtre qui n’est rien, telle est cette vie à venir, sur quoi s’achève le Credo des chrétiens, dont la destinée dépasse en grandeur et en beauté tout ce que les mots peuvent en dire.

Vous qui hésitez encore sur le pas de la porte, oubliez ce que ce discours que je tiens peut avoir de tranchant, n’en retenez que le désir fraternel de partager une certitude née d’une rencontre avec l’évidence.

Dieu vous appartient, il s’est donné, il est à vous, et c’est peu dire qu’il vous aime : étant tout entier en tout, il vous préfère !

Ces choses, la foi nous les enseigne, et nous ne les voyons pas ; mais l’âme contemplative n’est pas celle qui voit, mais qui est vue, qui le sait et qui, toute attention et silence, attend l’amour en faisant de moins en moins d’ombre sur la terre. »

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prière

Nous avons certainement tous fait l’expérience d’un effervescent rassemblement de personnes dont l’une d’entre elles, qui ne nous connaît pas et à qui nous souhaiterions pouvoir parler, demeure inabordable, par accaparement, inattention, indifférence, voire par préjugé. D’une insistance de discrétion, nous avons fait un signe, tenté de souffler un mot, et ils sont tombés à l’eau.

Sans doute également nous est-il arrivé d’être cette personne absente à l’intérêt d’autrui.

Dieu est cet autre. Répondre à son insistance se nomme prière, dont je ne connais définition profondément plus belle que celle d’André Frossard : « Prier, c’est exaucer Dieu. »

cœur

Dire « mon cœur » à quelqu’un est lui dire qu’il fait battre le nôtre, que nous l’aimons à ce point – « mon cœur » – qu’il vit en nous.

Nous habitons, d’un même élan vital, le cœur de ceux qui nous aiment.

Apparaît ainsi consubstantiel à notre existence le fait d’être aimé.

« L’amour est ce qui fait exister l’autre. » – André Frossard