faille

Il est une expression que le monde trouve empreinte d’un cléricalisme désuet et qui est pourtant la clé de toutes nos étroites cellules : « se reconnaître pécheur. » Il ne s’agit pas d’abord de confesser quelques imperfections – la mondanité même y consent – mais d’être, dans la liberté de nos pas plus grande que nos fautes, fils prodigue d’un Père.

Mais, disait Péguy, on n’a pas vu mouiller ce qui était verni… Les “honnêtes gens“ – ceux qu’on nomme tels et qui aiment à se nommer tels -, n’ont point de défauts dans leur armure. Leur peau de morale intacte leur fait une cuirasse sans faute… Ils ne présentent point cette entrée à la grâce qu’est le péché… Les “honnêtes gens“ ne mouillent pas à la grâce !

Publicités

responsabilité

La spécificité prodigieuse du christianisme est l’Incarnation : Dieu s’est fait homme. Très naturellement, il a été un enfant, d’une certaine manière le demeure, ce que passé Noël nous sommes portés à oublier. Ce que nous risquons alors de perdre de vue est la responsabilité vis-à-vis de Dieu qui nous incombe, la même exactement que celle vis-à-vis d’un enfant : le protéger. De quoi ? De nous-même pour commencer comme en ce monde de tout ce qui le dénature, le défigure, le falsifie. Il s’agit dès lors de lui faire grâce autant au moins que lui rendre grâce.

Ces deux sens – rendre grâce, faire grâce – se trouvent simultanément inclus dans le verbe bénir dont on remarquera pourtant qu’il sait à l’usage à quoi s’en tenir : nous bénissons Dieu, il nous bénit.

cœur intelligent

Jean-Luc Mélenchon est sans doute un homme de cœur en plus d’un homme intelligent mais l’amalgame souvent n’opère pas, l’harmonie reste dissonante.

S’éclaire, à contre-jour, la prière à Dieu de Salomon, « donne-moi un cœur intelligent », comme si l’alliance des deux n’avait rien d’automatique, la cohérence de leur interaction nécessitant un catalyseur : la grâce hors de laquelle tout regard demeure obscurci.