fixette

Catholique, protestant, et ceci cela, l’essentiel n’est pas là.

Mais quand même, cette fixette que font nos amis protestants sur Marie, leur volonté de se faire croire que toute dévotion envers elle nous détourne de son Fils, qu’est théologiquement incongrue sa qualité de médiatrice – quand toutes les mamans le sont en permanence -, ces manières arc-boutées pour nous délivrer de notre erreur prêtent un peu à sourire parfois.

Nous n’ignorons pas que Marie est une créature, mais savons aussi que sans son fiat point de salut. Ce Salut, elle ne l’a pas accompli, mais l’a permis ; c’est de cela dont nous lui rendons grâce. Nous n’avons aucunement à l’esprit d’interdire à Dieu d’envoyer sa Mère au devant d’une petite bergère des Pyrénées ou d’ailleurs, et si la Dame de Massabielle demande que l’on y construise une chapelle, nous la construisons. Y venant pour prier, nous savons faire la part des choses, ne suivant en cela que sa recommandation : « Faites tout ce qu’Il vous dira. »

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estime

« Pour moi qui suis, enfin qui crois être athée, qui crois ne pas croire […] Au fond, j’aimerais mieux que Dieu existât… Mais ça me paraît quand même assez discutable au vu de tout ce qui se passe depuis que le monde existe. Il faut voir les choses telles qu’elle sont. […] J’en suis arrivé à penser que les gens qui ne pensaient pas comme moi – qui croyaient en Dieu – sont plus estimables que moi. » Georges Brassens

Plus estimables ? Mais non, Monsieur Brassens.

C’est juste qu’en acceptant librement l’hypothèse d’un Père nous offrant la prodigieuse beauté du monde et la vie – la vie -, l’idée vient à certains de se mettre à chercher. Et ayant trouvé – s’étant laissés trouver -, n’en sont pas plus estimables, ni même plus estimés.

Tel celui d’une maman, l’amour se partage sans se diviser, et c’est pour le fils prodigue que fut tué le veau gras.

allusion

Nos brouhahas* de paroles et d’agitations, en tous genres nos étalages, barbouillent tout. Ce que l’on a sous les yeux devient alors la chose la plus difficile à voir.

De même que l’on fixe un bateau à quai, de même faut-il fixer un regard pour qu’une certaine qualité de la chose regardée ne nous échappe pas. C’est ce que nous faisons par exemple quand nous contemplons une œuvre d’art. Nous voici absorbés, intérieurement s’installe un silence qui nous isole des bruits extérieurs, et cette qualité de silence donne à voir : plus finement des détails, clairement des intentions, en sorte que la chose contemplée s’avère porteuse d’informations. Il en résulte non seulement un émerveillement mais une gratitude, parce que cette perception nous enrichit. Un moment de grâce.

La beauté du monde, à bien y regarder, est pure allusion.

* Les mots sont un délice ! Brouhaha s’avère être une altération de l’hébreu, barukh habba : « béni soit celui qui vient. »