genèse

Les Anglais, qui ont à peu près tout inventés, possèdent en leur langue ce mot magnifique : freedom.  L’adjectif « free » porte le double sens de libre et gratuit, suggérant ainsi que le domaine de la liberté est aussi celui de la gratuité. De fait, les deux sémantiques s’incluent au point de signifier que ce qui se donne gratuitement ne peut qu’être reçu librement, sans obligation. L’inverse constitue un immédiat corollaire : ce qui est offert librement ne peut qu’être accueilli gratuitement, c’est-à-dire dans la gratitude. Qu’un don nous force la main et il ne s’avère gratuit pas plus qu’il ne nous laisse libre. Mais que nous le saisissions du bout des doigts et court le péril de le laisser tomber. A l’origine de tout, gratuité et liberté.

Le premier livre biblique de la Genèse ne nous dit pas autre chose. Dieu crée l’homme à sa ressemblance, dans la plus pure gratuité, par suite la plus totale liberté offerte. Cette liberté, représentée de façon allégorique par l’arbre interdit du jardin d’Eden, n’a d’autre choix que laisser au programme la possibilité d’un refus, d’une désobéissance. Elle n’est désobéissance à un ordre que dans le sens où cette libre désobéissance nous exclut ipso facto de l’ordre de la gratuité. Le don gratuit de Dieu ne réclame aucun dû qu’une libre disposition à la ressemblance – conforme à l’origine – entre créature et créateur.

A défaut, cette ressemblance est altérée, il n’est qu’à nous regarder.

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