aîné

« Le Salut vient des juifs », professa un nazaréen à une samaritaine un certain midi au puits de Jacob.

Le Christ est venu accomplir, non abolir, il ne fait alors guère de doute que la vocation du peuple du Fils n’oblitère pas celle du peuple, aîné dans la foi, du Père. Et quel peuple ! Quatre mille ans d’exode, d’esclavage, d’occupation, de dispersion, de persécutions, de pogroms et une tentative d’extermination auraient dû à jamais le fondre dans la masse des nations. Il n’en est rien. Sa tête dure provient peut-être du jour où la vue du Veau d’or entraîna Moïse descendu du Sinaï à comme lui fracasser sur le crâne les Tables de la Loi. Depuis, juif athée a des airs d’oxymore.

A l’image du Père dans le Fils et inversement, ainsi judaïsme et christianisme ; ainsi devraient-ils être. Les feuilles peuvent ne pas apercevoir leur racines et réciproquement, elles n’en sont pas moins du même chêne quatre fois millénaire de cette vallée de Mambré où Abraham hébergea sous sa tente tout comme une Trinité.

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