digne

Je n’ai jamais été un grand adepte de Charlie Hebdo mais soutiens sans réserve la liberté de sa ligne éditoriale.

Cela dit, ce que la loi autorise ne constitue pas à coup sûr le garant de ce qu’il est bon, utile ou pertinent de faire. La loi permet en général certains comportements, l’individu peut en conscience juger opportun de se tenir en deçà de cette loi. Ce scrupule, cette retenue, voire ce renoncement, la loi implicitement ne les interdit pas plus qu’elle ne les recommande. C’est donc l’affaire de chacun.

Sur quels critères chacun peut-il décider d’en rabattre sur ce que la loi autorise ou même, le cas échéant, de transgresser cette loi ?

Je n’ai in fine de réponse qu’une question : est-ce digne ?

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jauge

Serons-nous jugés ou nous jugerons-nous plutôt nous-mêmes ?

Dans une large mesure – peut-être -, ce n’est pas ce que nous auront fait ou pas fait qui sera compté mais ce que nous aurons laissé Dieu faire en nous.

Non pas un Juge mais une Jauge.

Quelle quantité d’essence divine aurons-nous accueillie pour tel un bouchon de liège nous élever avec elle ?

En bas la lie d’un fond de cuve, en haut la part des anges.

crise

L’Eglise est en crise, répète à l’envi ses détracteurs.

En crise, elle l’est depuis l’origine, deux milles ans. Douze hommes improbables autour du Christ et à leur tête, Pierre angulaire, un renégat avant même que le coq n’ait chanté trois fois. L’Eglise Est crise. Inadaptée, inadaptable, toute à l’inverse de l’injonction du Monde rêvant de la faire entrer dans le rang.

Elle, libre de Dieu, dans le rang !

volonté

Qu’est-ce qu’être chrétien ?

On peut tourner la question dans tous les sens, elle nous ramène toujours au mont des Oliviers : « Non pas ce que je veux, Père, mais ce que toi tu veux. »

Notre individualisme sous toutes ses formes n’a de but que l’affirmation de notre volonté. En ne voulant que celle du Père – en n’ayant seulement que la volonté de vouloir -, nous sommes chrétien, parce qu’à l’image la plus nette du Christ.

zèle

« Il me semble que dans la mesure où le romancier dépasserait les apparences et saurait atteindre profondément l’homme intérieur, bien loin d’éviter de peindre la nature déchue, il toucherait là une région peu connue de notre misère. Ce serait l’histoire des passions qui se masquent pour que l’homme, épris de sa propre perfection, ne les reconnaisse pas. La seule luxure, incapable de déguisement, serait par lui dominée et vaincue. Mais des autres péchés capitaux, et surtout de l’orgueil, il ne reconnaîtrait jamais le visage, parce qu’ils auraient su revêtir un aspect édifiant, et rivaliseraient d’ardeur et de zèle jusqu’à ce que leur victime se considère comme un Dieu. Peut-être, le véritable saint est-il un homme qui ne s’arrête pas de démasquer en lui et d’authentifier à chaque instant toutes ces passions à la face voilée. D’où cette humilité qui nous étonne, ces abîmes d’humilité chez des êtres déjà dans le ciel. Mais eux, ils voient ce que nous ne voyons pas, ils savent que durant toute leur vie ils n’ont cessé d’arracher leur couteau et leur masque aux vices qui se déguisent en vertus. » François MAURIAC

Le zèle du Progrès au nom toujours d’un soi-disant Bien mais zèle aveuglé aux Lumières d’un Homme ex nihilo Dieu de lui-même.

estime

« Pour moi qui suis, enfin qui crois être athée, qui crois ne pas croire […] Au fond, j’aimerais mieux que Dieu existât… Mais ça me paraît quand même assez discutable au vu de tout ce qui se passe depuis que le monde existe. Il faut voir les choses telles qu’elle sont. […] J’en suis arrivé à penser que les gens qui ne pensaient pas comme moi – qui croyaient en Dieu – sont plus estimables que moi. » Georges Brassens

Plus estimables ? Mais non, Monsieur Brassens.

C’est juste qu’en acceptant librement l’hypothèse d’un Père nous offrant la prodigieuse beauté du monde et la vie – la vie -, l’idée vient à certains de se mettre à chercher. Et ayant trouvé – s’étant laissés trouver -, n’en sont pas plus estimables, ni même plus estimés.

Tel celui d’une maman, l’amour se partage sans se diviser, et c’est pour le fils prodigue que fut tué le veau gras.

étrangeté

Dites à un non-croyant qu’il n’est pas fruit du hasard, que sa vie a un sens infini, qu’il est aimé d’un Père qui n’attend que sa pleine liberté pour se manifester, et vous aurez deux types de réponse.

L’une qui songe que c’est trop beau pour être vrai. Cela peut se comprendre.

Une autre qui aboie presque et vous renvoie comme si vous aviez blasphémé. Étrange, qu’a-t-on dit d’insupportable ?