fixette

Catholique, protestant, et ceci cela, l’essentiel n’est pas là.

Mais quand même, cette fixette que font nos amis protestants sur Marie, leur volonté de se faire croire que toute dévotion envers elle nous détourne de son Fils, qu’est théologiquement incongrue sa qualité de médiatrice – quand toutes les mamans le sont en permanence -, ces manières arc-boutées pour nous délivrer de notre erreur prêtent un peu à sourire parfois.

Nous n’ignorons pas que Marie est une créature, mais savons aussi que sans son fiat point de salut. Ce Salut, elle ne l’a pas accompli, mais l’a permis ; c’est de cela dont nous lui rendons grâce. Nous n’avons aucunement à l’esprit d’interdire à Dieu d’envoyer sa Mère au devant d’une petite bergère des Pyrénées ou d’ailleurs, et si la Dame de Massabielle demande que l’on y construise une chapelle, nous la construisons. Y venant pour prier, nous savons faire la part des choses, ne suivant en cela que sa recommandation : « Faites tout ce qu’Il vous dira. »

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mère

« Ils devraient commencer par essayer de mieux connaître la religion qu’ils s’attachent à combattre », disait Pascal. Les temps ne changent guère.

J’ai souvenir d’un échange avec un homme par ailleurs érudit me soutenant, non sans hargne, que le terme de mater incorrupta appliqué à la Vierge Marie constituait une insulte faite à toutes les femmes, l’acte sexuel étant conséquemment vu comme une souillure. Mon Dieu ! Vous nous avez demandé de croître et nous multiplier et êtes bien placé pour savoir que cela ne s’opère pas avec le bout du nez. L’acte sexuel n’est par principe et en lui-même le lieu d’aucune souillure (il est toutefois des manières de le consommer qui confinent à la barbaque plus qu’au festin).

Mon interlocuteur érudit confondait – il n’est pas le seul – conception virginale et immaculée conception.

La conception virginale est relative à la fécondation de Marie par l’Esprit Saint – « qui est Seigneur et qui donne la vie » -, in fine donc rien de surprenant ! Mater incorrupta se rapporte exclusivement à l’immaculée conception de Marie, dont le dogme stipule qu’elle a été préservée pure de toute souillure du péché originel. Ce dernier (cf. genèse) a altéré notre ressemblance à Dieu, sa présence en nous est la part du pauvre. Mais Marie, elle, porte en plénitude en son sein la deuxième personne de la Trinité. Maurice Zundel en une phrase illumine ce Mystère :  « Marie naît de Jésus dans son être de grâce, avant que Jésus ne prenne chair dans sa chair immaculée. »

Dieu ne peut nous accorder à discrétion – hors maternité divine – la grâce d’une immaculée conception (cela constituerait alors une voie de rédemption faisant de l’Incarnation, la Croix et la Résurrection un simulacre). Marie n’est donc pas pure parce qu’elle va être la Mère de Dieu, c’est parce qu’elle est la Mère de Dieu qu’elle est pure. L’immaculée conception est inhérente et subordonnée à la grâce de sa maternité divine. C’est pourquoi Marie a pu dire à Lourdes « Je suis l’immaculée conception », parfaitement synonyme de « Je suis la Mère de Dieu ». Et la nôtre.

naissance

Nombreux sont ceux qui restent tout au bord de la foi.

Il faut croire d’abord. Le mot foi vient du latin fides, synonyme de confiance. « Croire d’abord » est l’espace infini de notre liberté et nous rechignons à cet acte libre de confiance qui est saut dans l’inconnu. Ce saut est le Fiat de Marie : « Qu’il me soit fait selon ta parole. »

C’est au cœur de notre liberté que le Christ nous attend, étant entendu que nous n’avons rien de plus précieux à lui demander que lui-même. Ainsi que pour Marie, sa venue est celle d’un enfant, à ceci près que c’est nous qu’il fait naître à la lumière.