mérite

Certains s’accordent tant de mérites qu’ils tendent à se suffire à eux-mêmes.

D’autres a contrario s’en prêtent tellement peu qu’ils pourraient être enclins à croire que Dieu ne peut s’intéresser à eux, songeant peut-être que seule une vie d’Abbé Pierre ou de Mère Teresa trouve grâce, là-haut. Il n’est rien d’infiniment plus faux.

Le Christ n’est pas venu pour les bien-portants, il n’en trouverait pas, si ce n’est de cet embonpoint de l’âme appelé vanité.

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miséricorde

« Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis, mais à qui aura blasphémé contre le Saint-Esprit, cela ne sera pas remis. »

Quel est donc ce péché impardonnable contre l’Esprit dont parle le Christ ?

Rappelons d’abord ceci : ce que le christianisme a de plus précieux à nous dire est qu’il n’y a pas lieu de mettre à la miséricorde divine des limites qui n’existent que dans notre propre esprit. En d’autres termes, il n’y a pas une faute, aussi incommensurable soit-elle, que Dieu ne puisse, ne veuille, pardonner.

En résumé : on peut dire contre le Christ, pas contre l’Esprit, alors même que le Père est infini pardon. Comment sortir de cette trinitaire aporie ?

La problématique de l’homme est toujours sa liberté. Face à nos fautes, notre conscience – autant qu’elle n’est pas obscurcie, ou faussée par procuration – nous incrimine et nous juge, elle est l’accusatrice. Mais il est un défenseur, qui est précisément l’Esprit (ou Paraclet, c’est-à-dire étymologiquement, l’avocat qui intercède, console).

La faute à son encontre est sa révocation, le pardon avec.

coulpe

Nous ne croyons plus au péché – le mot a de nauséeux relents de cléricalisme – mais évoluons sous la surveillance (étroite, par définition) de comités de salut éthique et de polices de la pensée.

Nous ne croyons plus au péché mais vivons sous le régime de la repentance, laquelle ne consiste toutefois qu’en un repentir des fautes de nos ancêtres.

Nous ne croyons plus au péché, moyennant quoi nous ne savons plus ce qu’est la miséricorde, encore moins le pardon, au diable l’absolution.

N’en jetons plus, la coulpe est pleine.