opposition

Max Weber opérait une distinction entre la morale de conviction et la morale de responsabilité, ce que Péguy développait pareillement sous la terminologie système droits de l’homme et système paix.

La morale de conviction vise le plus grand bien de l’individu, elle s’adosse à un absolu. La morale de responsabilité recherche le moindre mal collectif, elle est en ce sens plus politique. Entre les deux, tension oblige entre idéal et réalité, le point d’accord est improbable parce que la responsabilité empiète forcément sur la conviction. Pour que tel ne soit pas le cas, il faudrait non seulement une conviction unanimement partagée en son principe mais également en sa pratique.

Une politique s’adresse et s’impose un temps à tous. L’absolu éternellement s’adresse à chacun mais ne s’impose pas. Dès lors, seule la liberté individuelle de conscience peut s’avérer ligne de front.

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faille

Il est une expression que le monde trouve empreinte d’un cléricalisme désuet et qui est pourtant la clé de toutes nos étroites cellules : « se reconnaître pécheur. » Il ne s’agit pas d’abord de confesser quelques imperfections – la mondanité même y consent – mais d’être, dans la liberté de nos pas plus grande que nos fautes, fils prodigue d’un Père.

Mais, disait Péguy, on n’a pas vu mouiller ce qui était verni… Les “honnêtes gens“ – ceux qu’on nomme tels et qui aiment à se nommer tels -, n’ont point de défauts dans leur armure. Leur peau de morale intacte leur fait une cuirasse sans faute… Ils ne présentent point cette entrée à la grâce qu’est le péché… Les “honnêtes gens“ ne mouillent pas à la grâce !