réforme

La bonne intention de la Réforme était de corriger, outre ses failles temporelles, une médiation omnipotente de l’Eglise romaine sur les consciences ; mais il est fréquent qu’à vouloir corriger un excès on tombe dans un autre.
Bernanos disait que l’Eglise a moins besoin de réformateurs que de saints et que ces derniers, les plus fondés à se plaindre d’elle, sont précisément ceux qui ne le font jamais.
Hors cette médiation et via son Sola Scriptura, Luther a de fait contribué à replacer l’expérience personnelle au cœur de la foi. Elle n’est pas l’apanage des protestants, même si les catholiques demeurent davantage portés à accueillir leur foi dans la Tradition.
Cette dimension « expérimentale » constitue l’attrait des églises évangéliques, pentecôtistes et autres. L’Esprit est plus large que le nôtre et souffle où il veut.
Pour autant, savoir et croire, expérience personnelle et médiation ecclésiale ne s’opposent nullement et ont vocation à se compléter. La théologie d’une Soubirous était grain de chapelet, mais le ferment de celle d’un Congar ou de Lubac.

Publicités