auréole

Sainteté n’est aucunement synonyme de perfection. Au contraire, un saint a plus que tout autre la conscience aiguë de ses impuretés. Plus on approche un drap de la lumière, plus on en perçoit les taches : des auréoles.
Ce n’est pas tant ses œuvres qui font le saint – il n’est nul besoin de croire pour agir – que sa disponibilité pour laisser Dieu œuvrer en lui, c’est-à-dire l’accueillir. Ce que Saint-Augustin sublime ainsi : « La grâce du Christ ne réside pas dans son exemple, mais dans le don de sa personne. »

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fixette

Catholique, protestant, et ceci cela, l’essentiel n’est pas là.

Mais quand même, cette fixette que font nos amis protestants sur Marie, leur volonté de se faire croire que toute dévotion envers elle nous détourne de son Fils, qu’est théologiquement incongrue sa qualité de médiatrice – quand toutes les mamans le sont en permanence -, ces manières arc-boutées pour nous délivrer de notre erreur prêtent un peu à sourire parfois.

Nous n’ignorons pas que Marie est une créature, mais savons aussi que sans son fiat point de salut. Ce Salut, elle ne l’a pas accompli, mais l’a permis ; c’est de cela dont nous lui rendons grâce. Nous n’avons aucunement à l’esprit d’interdire à Dieu d’envoyer sa Mère au devant d’une petite bergère des Pyrénées ou d’ailleurs, et si la Dame de Massabielle demande que l’on y construise une chapelle, nous la construisons. Y venant pour prier, nous savons faire la part des choses, ne suivant en cela que sa recommandation : « Faites tout ce qu’Il vous dira. »

dépassement

Il y a en l’homme une volonté de dépassement ; dépassement de sa condition, dépassement de lui-même. C’est heureux, cette volonté s’avérant un facteur de développement de l’humanité et d’épanouissement d’une vie d’homme. Naturellement, tous les moyens de dépassement ne sont pas opportuns. Il existe, de même qu’au volant d’un véhicule, des franchissements de lignes jaunes porteurs de périls pour soi-même et pour autrui.

Le dépassement ultime réside alors en un renoncement. Nous rejoignons ainsi le propos introductif de l’article précédent, « être un homme, c’est s’empêcher », à une dynamique près toutefois, et de taille : en dernier ressort, renoncer à se dépasser n’est pas renoncer mais se renoncer, ce qui constitue non un statu quo mais un dépouillement.

Je ne sais ce qu’est un cœur pur, je n’en ai jamais vu, mais vois ce que peut être un cœur purifié : c’est un cœur dépouillé.

sainteté

Si tant est qu’on en ait une, on se fait de la sainteté une idée souvent erronée. Elle n’est pas la perfection, qui n’est pas de ce monde, n’exige aucunement la destinée hors du commun d’un créateur d’ordre religieux ou d’une grande œuvre caritative, n’est pas l’apanage d’un pape ou d’un martyr.

La plus belle définition, et pour cela sans doute la plus proche de sa vérité, nous vient de Marthe Robin : « La fidélité dans l’amour par l’exactitude dans l’accomplissement des petites choses. » J’aime ce contour et la profondeur de ce regard qui saisit au point de les y inclure ces vies simples, discrètes, enfouies, ces petites mains qui dans l’âpreté parfois oblative de leur quotidien manifestent à ce monde une présence infiniment plus féconde qu’il ne le pense. Et le découvrant en seront peut-être les premières surprises.