progrès

« Dieu se rit des gens qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes », disait Bossuet.

Les penseurs libertaires en croisade contre leurs homologues libéraux prêtent ainsi à sourire. Le libéralisme culturel et sociétal, nommé Progrès, consiste en une privatisation des valeurs morales et esthétiques. Conséquemment, l’individu-roi dans une société sans socle véritable de valeurs communes devient vite le profil idéal – cerveau isolé parfaitement disponible – pour le libéralisme marchand. Alain Badiou l’exprime ainsi : « Une subjectivité solitaire pour qui son opinion la plus spontanée mérite d’être inscrite à la face du monde, en équivalence à toutes les autres. Mais ça, qu’est-ce que c’est ? C’est le sujet rêvé pour le capitalisme. Celui-ci ne veut surtout pas de sujet pour qui il existe des valeurs non substituables. Il n’en a rien à faire, car ça ne correspond en rien à la circulation qu’il organise. »

Le libéralisme culturel s’avère ainsi l’ami le plus précieux du capitalisme en creusant le lit mieux que quiconque de son flot de marchandises (on pourra se reporter à ce titre aux ouvrages éclairants de Jean-Claude Michéa).

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